Bonjour, moi c'est Damien Vialatte. J'ai 48 ans et je suis artisan charpentier-menuisier en Auvergne depuis une vingtaine d'années.

Je suis né en Auvergne et je n'en suis jamais vraiment parti. Après un CAP Charpentier puis un BP Charpente Bois, j'ai démarré en compagnonnage chez plusieurs artisans locaux. J'y ai appris le métier sur le tas, dans la sueur et la sciure : monter une ferme, tracer une mortaise, lire les fibres d'un bois, reconnaître une essence à l'œil et au touché.

Il y a une vingtaine d'années, je me suis mis à mon compte. Aujourd'hui, mon entreprise unipersonnelle (parfois avec un ou deux apprentis) intervient sur charpente neuve, rénovation de toiture, restauration de poutres anciennes, ossature bois, terrasses, pergolas, escaliers sur mesure et meubles d'atelier. Du chantier neuf à la bâtisse du 19e siècle qui demande à être respectée. J'aime autant l'un que l'autre, mais c'est dans la restauration de l'ancien que j'apprends encore le plus.

Je connais la filière bois auvergnate de l'intérieur : les scieries locales du Massif central, les essences régionales (douglas, sapin pectiné, hêtre, châtaignier, chêne sessile, mélèze d'altitude), les exploitants forestiers indépendants, les antennes régionales de l'ONF (Office National des Forêts), Fibois Auvergne-Rhône-Alpes pour les questions interprofessionnelles. Côté formation, je connais aussi les bons parcours : les CFA du Bâtiment de Clermont-Ferrand, d'Aurillac, du Puy, et les lycées professionnels qui forment encore solidement.

Sur le plan personnel, j'ai rénové ma propre maison, une bâtisse ancienne en pierre dont la charpente en châtaignier d'origine attendait que quelqu'un s'en occupe sérieusement. Marié, deux enfants. Et je forme régulièrement des apprentis en CAP et en BP, ce qui me garde en éveil sur les questions que se posent les débutants.

Sur Auvergne Promobois, j'écris sur tout ce qui touche au bois et à l'habitat : charpente, ossature, terrasses et pergolas, traitement des bois, lutte contre les insectes et la mérule, entretien des meubles, choix des essences, métiers du bois. Mon angle n'est pas celui d'un influenceur qui vend du tuto miracle, ni d'un commercial qui pousse au bois bas de gamme. C'est celui d'un artisan auvergnat qui respecte le matériau et qui transmet ce qu'il a appris.

Mes engagements avec vous, je préfère les poser clairement.

D'abord, le bois local et durable. Je vais toujours préférer une essence régionale bien posée à un bois exotique bricolé. Un châtaignier d'Auvergne, un douglas du Massif central ou un chêne sessile bien sec, ça vous dure cent ans si c'est posé correctement. Les bois exotiques (ipé, teck, cumaru) ont une durabilité naturelle excellente, mais leur bilan carbone et leur traçabilité sont souvent problématiques. Quand c'est possible, privilégiez les essences locales certifiées PEFC ou FSC.

Ensuite, l'honnêteté sur les limites de l'amateur. Il y a des choses qu'on peut faire soi-même : un établi, une étagère, l'entretien à la cire d'un meuble. Et il y a des choses qu'on ne touche pas : une charpente porteuse, un mur porteur, un IPN, une toiture. Pour tout ce qui relève du gros œuvre ou du structurel, je vous oriente vers le bon pro : charpentier qualifié, couvreur professionnel, maçon, ingénieur structure. Pareil pour les pathologies du bois : un diagnostic mérule ou termites doit être fait par un expert certifié, jamais par un amateur.

Enfin, le rappel des autorisations administratives. Beaucoup de projets bois nécessitent une déclaration préalable ou un permis de construire (terrasse surélevée, pergola adossée, extension ossature bois, abri de jardin, modification d'aspect extérieur). Je vous donne les seuils à connaître (5 m², 20 m², 40 m² en zone PLU), mais l'interlocuteur de référence reste votre mairie, qui détient le Plan Local d'Urbanisme applicable chez vous.

L'idée générale, c'est de vous donner le bon niveau d'information pour que votre bois et votre habitat durent. Pas pour vous vendre quoi que ce soit.

Damien Vialatte